Les épreuves commencent et les effets secondaires aussi…
La Fibroscopie – Une Épreuve de Plus
Juin 2018 – Retour à la clinique
Entre-temps, l’anneau ayant été ouvert, il me fallait réaliser une fibroscopie.Afin de vérifier que tout allait bien à l’intérieur de l’estomac…Et surtout au passage de l’anneau.
Donc, une fois de plus, il me fallait rencontrer le chirurgien qui allait le faire…Puis l’anesthésiste.Et à chaque fois, raconter ma vie dans ses détails pour qu’ils ne commettent pas d’erreur.
Ce n’était pas une grosse intervention…Mais c’était une de plus.
Je me souviens encore avoir dit en me réveillant :« Attention, je suis résistant à l’anesthésie ! »Ma voix était faible, presque étouffée par le masque.
Trop tard.Les lumières du bloc s’éloignaient déjà, remplacées par le blanc aveuglant de la salle de réveil.
« Il s’est réveillé trois fois », murmura une infirmière.Mon corps, une fois de plus, avait refusé de lâcher prise.
Et en effet, ils avaient dû réinjecter 3 fois le produit.Car je me suis réveillé durant l’intervention.
Et même avec cette dose, j’étais frais et dispos en salle de réveil…
Tout s’était bien passé, d’après le chirurgien.« Tout va très bien. »
En parlant je me rend compte que je ne portais plus mon dentier. Sans lui je ne peux ni manger, ni parler correctement. JE demande à l’infirmière et heureusement que je l’ai fait tout de suite car ils ont du vider sur le sol tous les déchets dus à la fibroscopie et il était là au milieu… J’étais FOU mais soulagé qu’elles l’ai retrouvé.
Je partais donc serein de la clinique.
La Douleur à l’Épaule – Un Nouvel Effet Secondaire
Juillet 2018 – Retour à Paris
Une semaine après, je remontais sur Paris pour une visite de titration supplémentaire.Et là, je me plaignais d’une forte douleur à l’épaule.
Et ils m’annoncent que c’était un effet secondaire supplémentaire.Du coup, il fallait bien vérifier d’où venait la douleur.
J’eus enfin un rendez-vous avec un spécialiste de l’arthrose à Bayonne.« Monsieur, vous avez de l’arthrose dans l’épaule, suite à vos deux accidents de vélo. On ne peut pas faire grand-chose, hormis des infiltrations… »
Du coup, j’avais bien continué à aller chez le kiné.Afin de remettre tout ceci en place.
Mais plus elle travaillait l’épaule, plus j’avais mal…
« Il faut du temps », me disait-elle.Je lui en laissé.
La Dernière Visite de Titration – 25 mg par Jour
Juillet 2018 – Pitié-Salpêtrière
Puis, retour sur Paris pour la dernière visite de titration.Ça y était, je recevais 25 mg par jour de ce fameux médicament.
J’enchaînais les injections, jour après jour.Et je commençais à bronzer.
Un Week-End Inoubliable dans le Beaujolais
13 juillet 2018 – Beaujolais
Nous étions le 13 juillet 2018.Et ce soir-là, c’était la soirée annuelle de mon meilleur pote…Et également son anniversaire.
Du coup, je me suis organisé pour venir dans le Beaujolais et passer un grand week-end avec les amis et la famille.
Arrivé à 8h du matin à l’aéroport de Lyon…J’attendais ma voiture de location entre particuliers pour retrouver ma petite sœur.
À qui j’avais promis un petit-déjeuner spécial pour fêter sa mention au baccalauréat.
J’étais tellement fier de ma filleule…Que je l’emmène dans un endroit bien particulier :« Le Château de Bagnols », un relais château classé 5 étoiles au milieu des vignes du Beaujolais.
Comme pour m’accompagner dans ma démarche, le temps, ce jour-là, était juste exceptionnel !Quel bonheur de prendre un repas devant ces collines du Beaujolais…Sous le soleil qui réchauffait dès les premières heures de la matinée.
Une Soirée qui a Changé Ma Vie
15 mars 2019 – Une boîte de nuit
Aujourd’hui, pour la première fois de ma vie, j’ai pu danser avec deux femmes ravissantes en boîte de nuit.Ça peut vous paraître idiot…Mais pour moi, c’était un des jours les plus beaux de ma vie.
Je me rendais enfin compte que mon « sex-appeal » commençait à avoir de l’effet.Qu’on me regardait différemment.Qu’on me voyait comme un homme normal.Un homme qui, je l’espérais, provoquerait également une once de désir chez mes partenaires de danse…Au moins autant qu’elle m’en procurait.
Et oui, pas besoin « que » de rapport sexuel pour prendre son pied.Et heureusement !
L’Augmentation du Traitement – La Peur des Effets Secondaires
1er avril 2019
Il y a 10 jours, le docteur voulait que je revienne dans la phase normale de test.Et oui, depuis 7 mois, nous attendions une autorisation de l’ANSM (Autorité Nationale de Sécurité du Médicament)…Pour pouvoir augmenter la dose injectée quotidiennement de 2,5 mg à 3 mg.
Sauf qu’avec le temps, nous nous sommes rendu compte que les effets secondaires pouvaient se déclencher en fonction de mon moral.Et notamment celui des pulsions suicidaires.
En effet, ces derniers temps, j’avais voulu me faire retirer l’anneau.Et à cause de l’angoisse provoquée par le stress de l’opération, des pulsions suicidaires étaient apparues.
Il fallait que j’apprenne à les gérer et à vivre avec.
J’avais donc peur qu’en augmentant le traitement, les pulsions augmentent aussi.
Le laboratoire ayant dû montrer patte blanche pour avoir l’autorisation d’augmenter la dose…Le docteur me rappela il y a 4 jours en me disant que, finalement, comme ils s’étaient battus pour augmenter le traitement…Le promoteur du médicament voudrait qu’on essaye sur moi à 3 mg.
D’autant plus que j’étais le seul qui avait eu besoin de 6 mois pour que le traitement soit effectif.Et que, depuis quelques semaines, je ne maigris plus…La courbe s’inversait presque, puisque je voyais la balance remonter…Alors que je mangeais vraiment peu et que je m’étais remis au sport quasi 3 fois par semaine, en plus de mon activité de secouriste.
Donc, une fois de plus, la frustration de voir la balance remonter…
J’appréhendais un peu cette augmentation.Mais l’infirmière et le docteur qui me suivaient pour ce traitement étaient vraiment confiants…Donc je leur faisais également confiance.« Nous verrons bien ce qui en découle. »
Un Mois après l’Augmentation – Les Inquiétudes Apaisées
30 avril 2019
Un mois avait passé depuis l’augmentation du traitement à 3 mg.Les inquiétudes que j’avais n’étaient pas fondées.Les effets secondaires sur la question du suicide s’étaient totalement estompés.
En revanche, une douleur était vraiment présente : celle à l’épaule.Depuis mon accident de vélo en 2001, puis celui de 2017, mon épaule me faisait atrocement souffrir…Mais là, depuis l’augmentation, c’était un cauchemar.
La semaine dernière, j’étais allé voir un ostéo.Sous les conseils de ma kiné, qui était désespérée de pouvoir me soulager.
L’ostéo vit qu’il y avait pas mal de boulot sur moi.Surtout après une perte de poids si importante…Et s’aperçut que j’avais une discopathie (disque écrasé) entre les cervicales C5 et C6.Qui déclenchait une névralgie (douleur nerveuse) dans l’ensemble de l’épaule…Pour arriver à l’extrémité de l’index droit.D’où la baisse de sensibilisation de mon index.
Ce mois d’avril fut éprouvant pour tout le monde.Nous avions tous vu Notre-Dame s’embraser et sa flèche s’effondrer.Le drame était national, voire même international.
Mais nous avions eu la sensation que chacun d’entre nous avait été touché au plus profond de son être.
Le lendemain, quelle gueule de bois au réveil…La journée avait un goût amer.La seule chose qui nous réconfortait, c’était de voir cet engouement international pour nous aider à reconstruire notre belle cathédrale.
Une fois passé cet événement tragique, j’essayais de reprendre du poil de la bête.Même si ce n’était pas évident tous les jours.
En revanche, lorsque je recommençais à voir la balance descendre…Là, je récupérais mon énergie.
Je m’inscris alors sur plusieurs postes de secours.Afin de remplir mon emploi du temps et de m’organiser avant l’été.
Les jours filaient… et la balance continuait à descendre.Ce midi, je rentrais de Paris.J’avais encore perdu 2 kg.J’en étais donc à 105,8 kg et 112 cm de tour de taille.
Quelle belle victoire !
Tout n’était pas encore gagné…Mais quel chemin parcouru !
Je portais et arbore fièrement ma ceinture, achetée au début du traitement.Où l’on voyait très clairement l’évolution à travers les trous de la ceinture.
Pour moi, c’était une des plus belles choses qui me soit arrivée à ce jour.
Ce matin, avec le docteur, on a commencé à parler de plasticien et d’avenir dans la phase longue durée du traitement.Pour eux, dans 5 ou 6 kg de moins, je pourrais envisager une opération de chirurgie réparatrice et ablation de l’anneau.
Au rythme où ça allait, ce serait formidable d’avoir atteint les moins 100 kg au 1er septembre.Pour une fois, je voulais y croire…Et j’avais le droit de rêver que cela se réalise.
Le Doute et la Frustration
1er juillet 2019 – Retour à la réalité
2 mois s’étaient écoulés.J’étais descendu à 102,8 kg.Je voyais enfin mon premier objectif arriver…
Sauf que, depuis un certain temps, j’avais l’impression que le traitement n’avait plus le même effet.Ou alors…Étais-je sous placebo ?
Cette question me taraudait.
Il y a 10 jours, je me suis réveillé aux aurores avec une intense douleur dans l’estomac.Comme si un monstre sommeillait en moi.
Depuis, c’était comme si le sentiment de satiété avait disparu.Et que seul l’anneau, toujours là, me rappelait à l’ordre…
Finalement, heureusement qu’il était là, celui-ci.
Hier, nous avons été invités avec quelques amis de la Protection Civile par notre cher François.Afin de fêter son anniversaire dans un restaurant étoilé qui m’avait fait rêver durant toute mon enfance.
Et oui, celui-ci se trouvait à 3 km de la maison de mes grands-parents.Dans la famille, nous étions de vrais épicuriens.Nous aimons les bons produits, la bonne gastronomie française…Et un établissement comme le Relais de la Poste ne pouvait que faire rêver les amateurs de bonne chère.
Et c’est là que je me rendis compte que j’avais pu manger de tout.Certes, je n’avais pas fini ma viande et mon fromage… *Mais c’était plus parce que la taille de mon estomac avait bien réduit et que je n’avais plus de place…que parce que je n’avais plus faim.
C’est donc là que se posait la question :Le labo testait-il une version placebo ?Ou est-ce que la maladie avait rattrapé le traitement ?
Après tant d’efforts, je ne me voyais vraiment pas reprendre du poids…J’espérais que le docteur saurait me rassurer demain, lorsque je le verrais à l’hôpital.
Retourner dans ce petit village de Magescq, c’était un peu comme faire un pèlerinage sur les traces de mon adolescence, quelque peu compliqué…Mais qui allait me permettre de continuer ce livre un peu plus sereinement.
Le Retour à Paris – La Vérité sur le Placebo
2 juillet 2019 – Train pour Paris
De retour assis dans le train, j’essayais de me récapituler ce que j’avais entendu ce matin à l’hôpital.
Arrivé à 7h45 à l’hôpital, à jeun bien entendu…Martine, la laborantine, m’ouvrit la porte. *Étant du Pays Basque comme moi, elle me demanda comment ça se passait là-bas…Et vit déjà que j’étais perturbé par cette histoire de « placebo » ou pas.
Mais, ne suivant que peu le traitement, elle était incapable de me rassurer dans un sens ou dans l’autre.
Arrivait Aïda, celle qui gérait la logistique et plein d’autres choses.Elle me demanda de la suivre dans le poste de soins afin de prendre les mesures habituelles.
Je montai sur la balance.Et là, tout se confirma :104 kg.J’avais repris presque 2 kg.
Puis vint le tour de taille.Et là, pareil…J’avais repris 2 cm.
Je racontai à Aïda ce qu’il s’était passé ces 10 derniers jours.Elle me rassura tant bien que mal…Me disant que le traitement, soit il fonctionnait, soit c’était un placebo.Mais qu’à partir du moment où il avait bien fonctionné, il n’y avait aucune raison que, d’un seul coup, il ne soit plus efficace.
Puis vint Édith, l’infirmière chef, qui gérait le protocole depuis le début.Et qui ne me rassurait pas du tout.
Celle-ci m’expliqua alors que nous étions en période dite « ouverte ».Ce qui signifiait que c’était forcément du produit qu’on me donnait…Et que la période « double aveugle » viendrait plus tard.
J’étais totalement effondré.Mon docteur, qui plus est, n’était pas là ce jour-là…Je devais voir avec l’interne.
Au fond de moi, je me disais :« Merde. Sérieux, ça fait deux mois que je n’ai pas vu mon docteur. En deux mois, cela fait deux fois que ce genre de chose m’arrive. J’aurais vraiment aimé en parler avec elle directement, afin de comprendre. »
Édith me dit alors qu’elle allait demander au docteur de me joindre dès que possible.
Le docteur Alban était plutôt rassurant.Même s’il ne comprenait pas ce qu’il se passait…Il voyait bien que le moral n’était pas au mieux.
Je me demandais même s’il n’allait pas me demander de faire une pause dans le traitement.Finalement, nous nous sommes mis d’accord pour voir ce qu’il se passait durant les 15 prochains jours.
Si cela continuait, je lui avais dit que j’irais me faire resserrer l’anneau.Car il était hors de question pour moi de reprendre ce que j’avais perdu.Je l’avais déjà vécu.Je refusais de réitérer ces moments insupportables.
Je rentrais donc chez moi avec mon traitement pour un mois.Et j’espérais vraiment que les choses allaient s’arranger…
L’Appel du Docteur – Une Erreur sur les Lots ?
3 juillet 2019
Le docteur m’avait contacté par téléphone après avoir parlé avec ses confrères.Inquiète des effets secondaires dépressifs qui s’installent dans la durée…Et qui s’accroissent lorsque le moral est en berne.
Elle allait demander au promoteur s’il n’y avait pas eu une erreur sur les lots.Car les symptômes étaient bien ceux du placebo…
Plutôt rassurante, mais un peu désemparée…J’avais franchement la sensation qu’ils avançaient à tâtons.Et encore plus l’impression d’être un rat de laboratoire.
Je passais la moitié de mon temps chez le kiné, à l’hôpital, à la radiologie…Tout ceci était vraiment chronophage…Et commençait à devenir vraiment lourd à supporter.
La situation professionnelle étant vraiment compliquée…Cela n’arrangeait vraiment pas les choses.Je continuais à courir après des clients qui ne payaient pas ce qu’ils devaient.C’était vraiment épuisant…
La Séance chez la Psy – L’Effondrement
4 juillet 2019 – Cabinet de la psychologue
Rendez-vous chez la psy, à qui je racontai tout ce qui n’allait pas…Et la liste était longue…
Et ce qui me faisait le plus mal, c’était la balance qui allait dans le sens inverse.J’explosai alors en sanglots.
La psy me dit alors :« Je vois aujourd’hui un homme totalement différent de celui que j’ai vu la semaine dernière. »
— Normal, répondis-je.La semaine dernière, je venais de valider un contrat qui, entre-temps, avait été complètement modifié en ma défaveur.Celui-ci n’était toujours pas signé.Un autre client, qui devait m’envoyer un chèque et les photos pour débuter son site, m’expliquait qu’il avait changé de banque…Et que cela allait prendre un peu de temps.
La balance qui pétait un câble.Et mon tour de ceinture qui augmentait.
Et pour arranger le tout, personne ne savait si j’étais sous placebo ou pas.
Je m’effondrai alors encore un peu plus.
Emma essaya de me calmer.Me demande de respirer profondément… *D’inspirer lentement et d’expirer lentement, encore et encore…Tout en fixant l’image qu’elle avait au-dessus de son bureau.
Plus j’essayais de fixer cette image, plus je me détendais.Puis elle me demanda de fermer les yeux, toujours en contrôlant ma respiration.
Sauf que, plus je fermais les yeux, plus ceux-ci se mouillaient de larmes…Comme si je ne pouvais plus contrôler la vague de colère et de tristesse qu’il y avait au plus profond de moi.
N’y tenant plus, je rouvris les yeux.Emma vit bien que je souffrais intérieurement…Et qu’elle-même avait l’air désemparée.
Je lui avais vidé la moitié de sa boîte de mouchoirs.Lui promettant, avec un petit sourire, que la prochaine fois, je lui en ramènerais une nouvelle.
— Vous faites quoi après ? me demanda-t-elle.
— Je vais essayer d’aller voir la mer, puis dîner avec un ami.
— Très bien, essayez toujours de respirer calmement, et on se revoit la semaine prochaine.
En sortant de là, j’étais à peu près calmé.Enfin, c’est ce que je pensais…
Je me dirigeai alors vers la Chambre d’Amour pour aller faire une petite promenade au bord de la mer.Afin d’aller au bout de la digue, où je me sens si bien.
Sauf que là, les vacances avaient commencé…Et il était impossible de se garer. *Je fis tout le tour de cet immense parking…Et pas une seule place…
*À contrecœur, je me dis :« Tant pis, je vais directement retrouver Olivier. »
Je l’appelle et lui dis que je partais d’Anglet.
Moins de trois minutes après, je m’effondre à nouveau dans la voiture.Le cerveau en ébullition…Tant l’instabilité de ma situation actuelle était pesante.
Pourquoi ?Tout simplement parce que je vivais exactement la même situation qu’à Marrakech…Et que cette sensation de ne pas savoir où j’en serais demain, la semaine prochaine ou dans un mois, était juste intenable.
Je savais que c’était le lot de tout entrepreneur…Mais devoir se relever éternellement était vraiment épuisant.
Nous partîmes dîner avec Olivier au Bar du Fronton, à Bidart.Un lieu qui nous était cher à tous les deux.
Là, j’arrivai à faire le vide dans ma tête.Et à profiter de ce moment entre potes.
On partagea une planche de tapas et une bonne bouteille de vin.Puis nous rentrâmes.Je le dépose chez lui et reprends la route pour chez moi.
25 km séparent l’appart d’Olivier et le mien.Le trajet fut un peu long…Car je recommençais à cogiter.
En rentrant chez moi, je passais comme tous les soirs sur mon balcon pour vérifier mon potager.Qui était bien vide…Puisque je venais d’arracher la veille tout ce que j’avais fait pousser.
Une saloperie de chenilles avait tout bouffé.
Puis je me couchai, je fermai les yeux…Et là, ce fut le drame…
J’explosai intérieurement.Je fondis en larmes une fois de plus.
Des visions d’horreur me viennent alors en tête :Comment pourrais-je me foutre en l’air ? *3, 4, puis 5 solutions se dessinaient alors dans ma tête…Puis je me suis vu écrire une lettre d’adieu à mes parents.
À ce moment-là, je pleurai de tout mon être.Puis me forçait à ouvrir les yeux…Ce qui n’était pas mieux.Au contraire, cela rendait la chose encore plus réelle.
Je me dis alors, consciemment :« Reste dans ton lit. Ici, tu ne feras rien. »
Je me cantonne donc dans mon lit.Toujours en train de pleurer…Je n’arrivais même plus à respirer, tellement les larmes envahissent mes yeux et mes narines.
J’avais la sensation que mon monde s’effondrait complètement autour de moi.Ma tête n’en pouvait plus… *Je ne cessais de cogiter…Et plus j’y pensais, plus je m’enfonçais dans cet océan d’amertume, de tristesse, de difficultés à surmonter, d’avenir incertain…
Comment peut-on imaginer se réveiller le lendemain et affronter de nouveau ces épreuves ?Je n’en avais plus la force…
J’ai dû finir par tomber d’épuisement.J’avais même pu dormir…Au réveil, j’avais la gueule de bois.Et ce n’était pas la faute de cet excellent Moulis que nous avions bu la veille au soir…Mais bien de tout ce qui était sorti la nuit précédente.
Étrangement, je n’allais pas si mal.Comme si le fait d’avoir évacué toute cette merde de ma tête m’avait libéré d’un poids supplémentaire.
Et plus les heures de la journée passaient, plus je me sentais mieux.D’autant plus qu’un règlement client venait d’arriver… *Et que je devais me préparer pour un poste de secours le soir même…Et pour le départ le lendemain pour le Médoc, où j’allais retrouver mon oncle et ma tante que je n’avais pas vus depuis le début du traitement.
La sœur de mon père est une dame vraiment très gentille, douce et attentionnée.Alors, certes, elle aime rester dans sa campagne, entourée de ses chevaux… *Ils ne se parlent que 3 minutes par an avec mon père…Mais moi, je prends les gens comme ils sont.
La famille, ça reste, qu’on le veuille ou non, une valeur sûre.Et encore plus dans ce genre de moment.
Quant à mon oncle, c’est un épicurien aguerri.Avec qui nous avons de vraies affinités…Et une belle complicité.
Ce week-end s’annonçait donc formidable.Et il l’a été !
Je n’avais toujours pas raconté à ce moment-là ce que j’avais vécu la semaine dernière à maman.Je ne savais pas si je devais le faire…Je ne savais pas comment elle allait réagir.
J’allais tenter une approche par papa.On verrait bien.
J’aurais aimé connaître leur ressenti par rapport à mon traitement et tous ces changements.
Mais pour l’instant, je me concentrais sur l’essentiel :me reconstruire, avancer, survivre.
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