5 février 2020 – Cambo-les-Bains
Hier, j’ai vécu un événement extrêmement traumatisant. La résidence en face de chez moi a brûlé… Et j’ai été un des premiers à voir l’incendie démarrer et à joindre les pompiers.
Vers 20h, j’étais en train de dîner… Quand tout d’un coup, j’entendis un bruit à l’extérieur. Je vis Nino, mon chat, se braquer d’un seul coup dans une direction.
J’ouvris la porte-fenêtre, je passai le pied sur la terrasse… Et mes yeux se bloquèrent net sur la fenêtre en feu de la résidence en face de la mienne. Celle de l’appartement du 2e étage. Le feu avait déjà commencé à attaquer le toit.
Après un très court instant de panique, j’attrapai mon téléphone, composa le 18… Et sorti comme un dératé de mon appartement pour aller prévenir les habitants de cette résidence.
10 secondes plus tard, j’étais en bas. Après avoir dévalé les escaliers quatre à quatre.
J’avais le pompier qui me répondait… Et tout essoufflé, en courant pour faire le tour de la barrière de la résidence (aussi grande qu’un pâté de maisons), je lui dis : « Il y a le feu dans la résidence ! »
Il me demande de me calmer et de faire un point de vue de la situation. J’arrêta donc de courir et tenter de retrouver calmement mes esprits… Et si possible, mes réflexes de secouriste.
Ce qui ne se fit pas attendre : « Vous êtes où ? » « Quartier Balentria, rue Balentria. » « Quelle ville ? » « Pardon… Cambo-les-Bains. » « Très bien. Qu’est-ce qui brûle ? » « Le 2e étage… et maintenant le toit. » « Cette résidence a combien de niveaux ? » « 2 étages plus le sous-sol, avec une cage d’ascenseur. »
Entre-temps, j’étais arrivé devant l’entrée de la résidence. Je voyais les gens en train d’évacuer… Et d’autres en train de remonter dans l’ascenseur !
Mon sang n’avait fait qu’un tour. Je me suis mis à hurler : « Sortez de l’ascenseur!!!! Est-ce que le monsieur chez qui ça a pris feu est sorti ? Et la dame du 1er ?!!! Est-ce que tout le monde est bien sorti ?!!! »
Un des hommes qui était là me confirma que oui pour la dame… Et que deux hommes étaient partis chercher le vieux monsieur du 2e.
À cet instant, la charpente, qui brûlait depuis déjà 5 bonnes minutes, s’effondra sur le sol du 2e étage. Mais pas que… Des poutres en feu tombèrent d’un coup de deux étages et s’écrasèrent sur le sol.
Entre-temps, nous avons pu évacuer toutes les voitures qui se trouvaient autour… Sauf deux :
- Celle de la dame du 1er… Mais c’était impossible, car beaucoup trop dangereux d’y retourner pour récupérer les clés.
- Celle du vieux monsieur… Là, il ne fallait même pas y compter. Elles avaient dû fondre dans les flammes.
Le toit était devenu un véritable brasier ardent. Des flammes d’un rouge vif se dégageaient par la toiture. Ça y est, tout le toit était en feu.
Les pompiers n’étaient toujours pas là. Tout le monde était en sécurité, pas de blessé… Et là, je me sens totalement impuissant.
Je ne pouvais que regarder ce bâtiment partir en fumée. J’avais bien failli m’effondrer aussi quand j’avais pensé à tous ces pauvres gens qui venaient de tout perdre en l’espace de 10 minutes.
Toute une vie effacée d’un seul coup. Les photos de famille, les souvenirs dans ce lieu qui était leur foyer… Une vague d’empathie m’envahit d’un seul coup. Je sentis les larmes monter… Mais je me ressaisis.
Je me demandai alors dans ma tête : Que vont avoir besoin les pompiers en arrivant ? Les bouches à incendie !!!
Je me mis alors en quête des bouches d’incendie aux alentours de la résidence. J’en découvris une à une dizaine de mètres de l’entrée du terrain de la résidence… Mais ce qui représentait plus de 50 mètres jusqu’à la résidence. La panique m’envahit à nouveau… Je ne savais pas comment les pompiers allaient faire.
Je vis un gyrophare bleu à l’horizon. Je respirai enfin. Les secours étaient là. Ils allaient pouvoir prendre en charge cet incendie.
Je restai à distance afin qu’ils s’installent sans encombre… Mais pas trop loin pour leur indiquer la bouche à incendie.
Je les vis alors sortir des tuyaux immenses. Je fus tout de suite très rassuré.
Un des pompiers vint vers moi et me demanda où était la bouche à incendie. Je l’y conduisis immédiatement.
Suite à cela, je retournai vers ma résidence… Afin d’aller voir si mes voisins n’étaient pas trop traumatisés. De plus, voir des visages connus me ferait du bien.
L’intensité du choc descendit peu à peu. L’adrénaline également.
*J’essayai de reprendre mon souffle… Mais il me fallut 15 bonnes minutes pour retrouver une respiration normale.
Nous discutâmes alors avec les voisins, qui étaient tous sortis dehors pour regarder ce triste spectacle… Tout aussi impuissants les uns que les autres.
Ça y est, les pompiers ont installé les grandes échelles de chaque côté de la résidence. Alors qu’entre-temps, d’autres pompiers étaient en train de pénétrer dans ce brasier… Pour vérifier que nous n’avions oublié personne.
Quel courage ! Je les revois encore monter dans la cage d’escaliers avec leur torche et leur hache à la main. Nous étions tous pleins d’admiration pour le courage de ces hommes.
Les pompiers, dans leur nacelle respective, perchés à plus de 15 mètres de hauteur, commençaient à pulvériser des litres et des litres d’eau sur les flammes. Ce qui était sidérant, c’est que plus ils envoyaient d’eau, plus les flammes grossissaient ou s’intensifiaient de plus belle d’un autre côté.
Et là, d’un coup, une lumière très puissante surgit à l’intérieur des murs du 2e étage… Une bouteille de gaz venait d’exploser. C’était vraiment très impressionnant. Mes doigts tremblent encore au moment où j’écris ces lignes.
Après ça, les choses se calmèrent un peu. Les voisins se dirent bonne nuit et rentrèrent chez eux. Les pompiers, eux, allaient rester jusqu’à 3h30 du matin.