Les différentes étapes du protocole de soins – Chapitre 18

Période du témoignage : 10 mai 2018

La Journée Marathon au CIC

4 mai 2018 – Centre d’Investigation Clinique (CIC), Pitié-Salpêtrière

7h45 du matin. J’avais rendez-vous avec mon chauffeur devant l’hôtel. 10 minutes de retard… La journée commence bien…

C’est vrai que l’hôpital n’était vraiment pas loin… Mais je ne supporte pas les gens qui ne sont pas ponctuels. Et encore moins lorsque c’est leur métier !

Bref, j’arrive à l’hôpital un peu en retard. Et là, je vois la gentille infirmière de la dernière fois, qui me dit que la journée allait être longue… Car nous étions plusieurs à suivre différents protocoles dans le CIC.

Je devais donc faire preuve de patience. Et pour couronner le tout… Je me retrouvais face à une nouvelle infirmière qui faisait ses études. (Dans un CHU, c’est un peu normal…)

Je faisais donc bonne figure. Et acceptait de suivre la formation en même temps qu’elle…
*Même si je me disais au fond de moi que, avec toutes les prises de sang subies depuis mon enfance, je me débrouillerais sûrement mieux qu’elle !

À jeun, ils me prirent une dizaine de tubes pour analyser l’évolution du traitement sur mon organisme. Puis ce fut l’électrocardiogramme. Prise des constantes toutes les 2 minutes, 3 ou 4 fois.

Ensuite, ce fut une série de questions sur mon état psychologique, sur ma satiété et mon état général.

Ils décidèrent alors d’augmenter encore une fois le traitement. Je passais à 20 unités par jour pour ce qui était de l’injection.

Je préparai donc la seringue et me fis l’injection de la nouvelle dose. Puis enfin, il était presque 10h30… J’avais le droit à mon petit-déjeuner.

Je pense que n’importe qui, après autant d’attente, serait affamé. Mais moi, je savais que ma visite allait durer toute la journée… Car lorsqu’ils augmentent la dose, je devais rester sous surveillance durant les 8 heures qui suivaient l’injection. Avec prise de sang quasiment toutes les heures… Et prises des constantes toutes les heures.

La journée avançait. Le repas de midi arrive vers 13h… Et là, je découvris les haricots jaunes. Je n’en avais plus avalé depuis près de 18 ans. Tout comme les cœurs de palmiers qui me furent servis en entrée.

Je me rappelais alors que je n’aimais vraiment pas ça, étant petit… Mais je fais tout de même l’effort de goûter. La sauce qu’ils avaient mise était vraiment bonne (un peu de crème et beaucoup de curry). Je mangeais cette entrée presque avec plaisir.

Puis ce fut ma première escalope de veau. Décidément, quel bonheur de redécouvrir tous ces goûts clairement oubliés !

Je décidai, après la prise de sang, de sortir me balader dans l’hôpital. Il faisait un temps radieux… Et marcher faisait du bien. Surtout lorsque vous passez votre journée couché sur un lit.

Je vis ainsi les heures passer. Et me retrouvais assez vite à 17h30. La dernière prise de sang devrait arriver… puis l’ECG… et enfin la sortie de l’hôpital.

Sauf que la technologie en avait décidé autrement. Je sortis une heure en retard… Un peu excédé. Et surtout épuisé par cette journée.

Confessions et Dîner en Famille

Soirée du 4 mai 2018 – Brasserie parisienne

Le soir, je retrouvais mon cher cousin. Qui avait besoin de vider sa conscience auprès de « son grand frère ».

En effet, nous venions d’apprendre que mon oncle et ma tante, ensemble depuis 28 ans, allaient divorcer. Presque aussi choqué que lui, je pris tout de même sur moi pour l’écouter… Car je savais qu’à ce moment-là, il en avait vraiment besoin.

Nous passâmes vraiment un moment unique dans cette charmante brasserie parisienne. Où nous refîmes le monde durant plus de 4h.

Il en avait effectivement lourd sur le cœur, « le petit frère »… Mais je le quittai serein et soulagé.

Une Journée de Repos Bien Méritée

5 mai 2018 – Paris

Le lendemain, journée de repos sur Paris. J’avais un rendez-vous à 13h et un autre à 19h.

Celui de 13h n’arriva qu’à 14h30… Pour un entretien professionnel, ça commence plutôt mal… Mais l’idée de se lancer dans un nouveau projet web me plaisait bien. Donc j’attendis Franck, un créateur camerounais qui crée de la déco à base de wax.

Ce tissu africain avec des imprimés très colorés. Il souhaitait aider d’autres créateurs à se lancer sur Internet via une plateforme de vente e-commerce.

3h d’entretien… Nous amenant alors à imaginer une belle multi-boutique haut de gamme. Affaire à suivre…

Puis je me prépare pour ma soirée chez Pauline et Philippe. De vieux amis que j’avais rencontrés à Marrakech quelques années plus tôt.

Je m’arrêtai donc chez Nicolas, porte de Versailles, histoire de ne pas arriver les mains vides. J’ai repris le métro pour aller « porte de Brancion » en tramway.

Je découvris alors l’impatience des Parisiens. Et décide de laisser passer les 2 premiers trams, qui étaient bondés.

Puis j’arrivai chez mes amis. Philippe m’ouvrit la porte. Je savais que Pauline ne serait pas encore là à cause de son travail.

J’offre les bouteilles à mon pote. Qui me dit : « J’ai arrêté de boire. » — Comment pouvais-je le deviner ?!

Je vis alors leur petit, qui avait bien grandi, 6 ans après… Je savais que leur retour en France avait été vraiment difficile… Et je les trouvai dans ce petit appartement de 60 m², en plein 15e arrondissement de Paris. Ils avaient dû s’en sortir, finalement…

Puis arriva la belle Pauline. Toute mince après son 2eme accouchement. Qui me dit, après 10 min : « Si ça se trouve, la prochaine fois qu’on se verra, nous serons divorcés. »

Heureusement que j’étais assis… Car elle me dit ça avec le sourire. J’en déduisis donc que c’était elle qui allait demander le divorce… et non son mari.

Je vis alors Philippe se préparer pour sortir. Et Pauline lui demande à quelle heure il avait l’intention d’aller voir ses potes.

J’hallucinais complètement. Ça faisait 2 mois qu’on essayait de se voir… Et il s’en allait 1h après mon arrivée !

Je suis tout de même venu pour dîner. J’étais complètement largué.

Après son départ, Pauline m’expliqua la situation, vraiment délicate. Et je compris un peu mieux la phrase qu’elle m’avait sorti à son arrivée.

Plus la soirée avançait, plus elle se confiait. Plus je me demandais ce qu’elle faisait avec lui.

Mesdames, vous êtes quand même étonnantes… Pourquoi restez-vous avec des hommes qui vous font du mal (physiquement ou psychologiquement)… Et ignorez-vous d’autres hommes qui ne demandent qu’une chose : vous rendre heureuses ? (Le drame de ma vie…)

Le Traitement et ses Mystères

Fin mai 2018 – Retour à la réalité

À ce moment-là, le traitement n’avait toujours aucun effet sur mon poids. Je continuais de faire un peu le yoyo sur la balance. C’était un peu frustrant. D’autant plus que les effets secondaires négatifs commençaient à arriver…

Je ne savais pas comment cela fonctionnait. Mais le fait d’avoir une pensée négative déclenche une suite de pensées néfastes, lourdes à supporter.

Penser à la mort, c’était une chose. Penser à se donner la mort, c’en était une autre…

Certes, par le passé, cela m’est arrivé une fois ou deux lors de passages à vide… Mais là, les pulsions qui arrivaient dans mon cerveau étaient vraiment difficiles et délicates à maîtriser.

Et le fait, encore une fois, d’assumer ceci tout seul pesait vraiment lourd sur mes épaules.

Du coup, je lançai un appel au secours à la famille. Et mon petit frère, Doudou, m’appela immédiatement pour me proposer de venir passer une semaine avec sa femme et ses enfants dans la Dordogne.

Ils venaient de gagner une semaine dans un camping au milieu des châteaux du Périgord. Je ne réfléchis pas deux secondes et pris la route pour les retrouver.

Heureusement qu’à ce moment-là, mon frère avait su réagir. Car je ne donnais pas cher de ma peau.

Une Semaine de Répit

Ascension 2018 – Dordogne, Périgord

protocole de soins Dordogne 2018 Avoir un temps comme celui que nous avions eu pendant l’Ascension… Nous étions vraiment vernis.

Une semaine de farniente, d’apéros et de bons petits repas, entouré de mes neveux et nièces… M’a vraiment permis de repartir chez moi le cœur un peu plus léger.

D’autant plus que 10 jours plus tard, je retrouvais mes meilleurs amis pour un petit week-end de découverte à Saint-Émilion, dans la région de Bordeaux.

Un moment que j’attendais avec impatience. Car ce serait le premier week-end avec mes amis où je pourrais manger normalement.

Non, je n’étais pas obnubilé par le fait de manger. Mais lorsque, depuis près de 20 ans, chaque repas avec vos amis était un cauchemar… Car vous ne pouviez ni manger comme eux, ni profiter comme eux… Alors oui, vous avez hâte de pouvoir « ne plus sortir du lot ».

Comme prévu, ce week-end fut d’anthologie ! Nous avions même réussi à faire aimer du vin de Bordeaux à des Bourguignons ! Victoire !