Les prémices d’une enfance compliquée

Un beau jour de Septembre 1981, deux êtres qui s’aimaient profondément m’ont conçus sur une colline au dessus de Sète. Que n’avaient ils pas fait??? Un homme issue d’une famille un peu cabossée par la vie, fou amoureux d’une belle jeune femme, bien sous tout rapport dont les parents auraient souhaités qu’elle se maria avant d’enfanter. La vie est ainsi faite… nous n’avons pas toujours ce que nous souhaitons. Mais n’est ce pas ainsi que chaque enfant quelque soit son âge va s’accomplir? En allant contre la volonté de ses parents.

Bref tout ceci pour dire que du côté de Maman, la prière et la messe faisait partie du quotidien ce qui n’était pas vraiment le cas du côté de Papa, même si celui-ci ne le sait pas encore, il deviendra plus tard un fervent défenseur des valeurs chrétiennes. 

Papa a grandi dans un petit appartement modeste à deux pas du jardin public de Bordeaux, avec sa grande sœur Hortense de 10 ans son aînée, un père souvent absent de par son poste de gérant d’entreprise et une mère qui le comblera d’amour. Mon grand père a en effet créé quelques années plus tôt, une célèbre entreprise de déménageur et y consacre tout son temps au prix d’une absence permanente du foyer familial. Tandis que ma grand-mère, qui travaille au Poste et Telecom anciennement les PTT, sera toujours à ses côtés quoi qu’il advienne. Je me rappelle d’une femme pas très grande, des cheveux crépus dont j’ai hérité et surtout d’une gentillesse absolue. “Notre Douchka”, j’y reviendrai plus tard. 

Papa a une enfance difficile avec sa santé, il devra porter des attelles métallique autour des jambes lors de sa croissance, petit, enfant un peu bouboule car il ne peut pas trop se mouvoir correctement. La médecine faisant bien les choses, cela lui permet de devenir un beau jeune homme passionné par l’aviron et le Piano. 

L’aviron lui apporte un véritable équilibre, une fraternité qu’il découvrira dans ce sport d’équipe où la rigueur et l’esprit d’équipe sont primordiaux. A tel point qu’il deviendra vice champion du monde universitaire en 1981. Et c’est là sur ce grand lac de Bordeaux qu’il va tomber sur une jeune femme qui fait également de l’aviron mais plus pour admirer  les beaux jeunes hommes qui le pratique que pour devenir championne…

Maman, elle a grandi entre la France et l’Afrique. Mon grand père travaille alors en tant que commercial pour une grande marque de camion. Ils vont partir tous les quatre en Côte d’Ivoire durant 6 ans avec sa petite sœur Paula, son frère Fernand y verra d’ailleurs le jour. La vie d’une petite européenne aisée à l’époque se traduit souvent par un confort que nous ne pourrions plus connaître de nos jours. Ma grand-Mère avait l’aide d’une femme à tout faire et d’une cuisinière tandis que mon grand-père avait un chauffeur. Ils passaient la semaine en plein quartier européen d’Abidjan et le week-end sous les cocotiers au bord de l’eau. Ils découvriront également le Cameroun durant une année puis c’est le retour en France à Léognan et Pessac près de Bordeaux. Viendra alors s’ajouter à cette fratrie une quatrième enfant, Béatrice qui deviendra un peu malgré elle la grande sœur que je n’ai jamais eu vu les dix années qui vont nous séparer.

Maman a à l’époque à peine 20 ans, prépare une FAC de droit à Bordeaux et va de temps en temps faire un peu de sport au club d’aviron de Bordeaux Lac. Un bel homme la rend folle à tel point qu’elle fait exprès de tomber du double skiff (un bateau permettant de faire de l’aviron) pour que le beau moniteur qui n’est rien d’autre que le bel Alain vienne la sauver des eaux. L’amour est déjà là avant même qu’ils ne se fréquentent. Je n’ai pas tous les détails sur ce moment de leur vie mais voilà qu’ils partent en vacances en amoureux dans le Sud de la France et par un beau soir de Septembre je fût conçus dans un amour profondément sincère et ancré dans le cœur de ces 2 êtres.

Mais voilà, à l’époque, un bébé annoncé hors mariage fût une épreuve vraiment difficile à traverser pour Maman qui fût clairement chassée de la maison familiale ainsi que pour mon père qu’on a limite considéré comme un violeur… et enfin pour moi qui non seulement n’était pas le bienvenue, mais qu’on aurait bien fait disparaître qui plus est. Leur Union le 13 février 1982 arrangera en surface les relations entre mes parents et les leurs. Si je rentre dans ce genre de détails vraiment intimes c’est qu’ils auront toutes leur importance et de véritables conséquences sur mon avenir et celui de mes frères et sœurs ainsi que toute ma famille.

Puis le grand jour arrive enfin, le 10 juin 1982.

Un petit bébé de 3,4 kg et 60 cm vient éclaircir la soirée de Solange et Alain qui sont alors les parents les plus heureux de la Terre, Un fils et en bonne santé! que demander de plus… puis 18 mois plus tard un 2° enfant pointe le bout de son nez, mon frère Edmond. Cela va commencer à être un peu compliqué pour Maman, ses deux petits bonhommes débordants d’énergie dont le 1° ne marche toujours pas et en plus commence à vraiment prendre de l’embonpoint.

Pourquoi ce bébé pleure tout le temps? pourquoi n’est il jamais rassasié? Déjà à quelques mois ces questions commencent à se poser. 

Maman à l’époque “craque” pour la “totoche” vous savez ce morceau de plastique qu’on met dans la bouche des enfants pour les faire taire, une véritable aversion pour ma mère, mais s’apaiser est à ce prix, et elle en a besoin surtout avec l’arrivée du petit troisième et le déménagement à Nantes. 

Valentin pointe le bout de son nez alors que j’ai tout juste 3 ans et je ne marche toujours pas. C’est à peine si je me déplace à quatre pattes… Ceci devient tout de même un problème, il faut que j’aille à l’école comme les autres enfants de mon âge… Mais déjà “je ne serai pas comme les autres” en effet Maman organise un RDV avec ma future maîtresse pour voir comment on peut faire. Et là cette dame faisant preuve d’une grande bienveillance a l’idée d’aménager un chemin au sein de la classe pour que je puisse me déplacer sur mon petit camion que j’arrive alors à faire avancer grâce à mes jambes qui commencent tout de même à s’activer…

Je ne vous cache pas que ces souvenirs sont là grâce aux histoires que m’ont raconté mes parents et grands parents. Mes vrais souvenirs n’arriveront qu’à 6 ans.

Avant cela, je continue de grossir, presque 10 kg par an. Mes parents vont alors commencer un marathon sans fin, histoire de savoir ce qu’il m’arrive. Des services de sidaïques aux services de cancérologies, les médecins sont totalement dépourvus de réponse et même d’explication. Peut-être est-ce la thyroïde, ou bien le SIDA ou bien encore un cancer personne ne sait ! 

Ma tante Paula devenue hôtesse de l’air chez Air France va alors rencontrer certaines personnes très qualifiées dans le domaine scientifique et va organiser des rendez-vous pour que je les rencontre et notamment un docteur américain qui pense que j’ai eu un problème lors de l’accouchement. Il va alors me faire revivre ma naissance et même me faire pousser une 2ème fois mon 1er cri, 37 ans après je m’en rappel encore! Ce fût un poil traumatisant pour l’enfant que j’étais. 

Mais bon “on essaye tout ce qui peut nous faire avancer”.

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