Bordeaux – 100kg

Puis je rentre au Collège, et c’est le moment fatal où tu étais en CM2, parmi les plus grands, le reste de l’école te respectait vraiment, au passage au collège où tu deviens alors le plus petit et une fois de plus le souffre-douleurs des plus grands avec une méchanceté exponentielle par rapport à celle connue quelques années plus tôt à Capvern.

J’ai même failli zapper volontairement cette partie tellement j’ai souffert à l’époque.

Pour exemple parmi tant d’autres mis de côté voici à ce jour la seule fois où j’ai levé la main sur quelqu’un.

J’étais dans un collège privé sur Bordeaux – Sainte Clotilde pour ceux qui connaissent – malgré quelque difficulté d’intégration, je finis par me faire au collège, très peu de souvenir de ma 6°, en revanche la 5° fût je le pense l’année la plus dure d’autant plus qu’elle a duré 2 ans et que les faits se sont enchaînés.

C’est l’époque où l’on commence à se faire la bise le matin avec les copains et copines au collège, l’époque également où les pré-pubères se compte les trois poils qui poussent. Sauf que pour moi, je ne rentrais dans aucune de ces cases… 12 ans 120 kilos et la puberté qui ne pointait toujours pas le bout de son nez, c’était presque la honte de me faire la bise pour une fille (personne ne veut alors me faire la bise le matin) et là j’ai envie de vous dire que c’est ma première déception amoureuse : une jeune fille, Alexandrine, belle comme le jour, vous savez ce genre de fille qui est la plus belle de l’école se retrouve dans ma classe et sort avec le plus grand bourrin de l’école (Sébastien), qui lui n’en est plus à lui faire la bise. Ce garçon avait je le pense encore aujourd’hui décidé de faire de moi son souffre douleur. La première moquerie dont je me rappelle et qui ancrée dans ma mémoire vient de ce Sébastien en cours de natation, dans les vestiaires après avoir nagé. “Il paraît que les gros ont une petite bite” Non seulement j’apprenais cette vérité mais en plus je ne pouvais le contrer vu que j’avais toujours pas démarré ma puberté. Obligé donc de m’effacer et d’encaisser les rires des autres camarades de la classe. Ses moqueries ont continué durant près de 6 mois. Puis le jour de la St Valentin arrive, Alexandrine, revient alors de la Guadeloupe, elle était bronzé comme jamais, la peau couleur caramel, vraiment pour moi c’était la plus belle fille du monde. Je n’ai rien demandé et passant devant leur groupe, Sébastien la tenant par la main, elle me dit “pour la saint Valentin, tu as mérité que je te fasse la bise” avec le recul je ne sais toujours pas si c’était sincère ou pour se jouer de moi, en tout cas j’ai vraiment apprécié le bisous déposé sur ma joue ce jour là. Mais le lendemain, l’ignorance d’Alexandrine fût vraiment dure à supporter. D’autant que je devais toujours supporter les moqueries de Sébastien et de ma classe. Sauf que ce fût celle de trop ; j’étais au premier rang en cours d’histoire, je ne saurai vous redire quelle fût l’insulte de Sébastien mais mon sang n’a fait qu’un tour ou plutôt ma rage, je me suis retourné, j’ai pris son bureau et l’ai soulevé dans les airs pour lui écraser sur la figure, les yeux pleins de larmes. Si a l’époque il a fini à l’hôpital j’ai pour ma part fini dans le bureau du CPE sous les yeux totalement choqués de notre prof d’histoire qui se demandait vraiment pourquoi un garçon aussi calme et gentil que moi était d’un coup devenu si violent. Après explication dans le bureau du CPE, Sébastien avait non seulement pris une journée d’hôpital mais avait également été renvoyé 3 jours du collège pour son comportement qui s’approchait plus du harcèlement moral qu’autre chose. Peut-être aurais-je dû faire ceci plus tôt car le lendemain, tout le monde me respectait dans la classe mis à part celle pour qui mon cœur battait, mais bon on peut pas tout avoir!!

Cette année fût si difficile que mon niveau scolaire était catastrophique, il a fallu que je redouble.

Papa va être muté sur Lyon, mais en attendant sa période d’essai, il faut vendre la maison d’Ambarès et là on se retrouve à Eysines dans un petit 80m2 à 6, même si cela ne doit durer que 6 mois cela nous fait vraiment bizarre… Je rentre doucement dans l’adolescence. 

Les crises de boulimie continuent, je commence alors toute une série de régime sans queue ni tête.

Les plus ridicules étaient un régime dissocié, je devais manger un seul plat (mais autant que je voulais) en résumé je pouvais m’avaler 1 poulet entier en un seul repas si je ne mangeais que ça, un autre régime basé sur la consommation de fruit et légumes secs enfin surtout de lentilles… ils ont réussi à me dégouter définitivement des lentilles. Il n’y avait que ma chère Douchka qui était malade à l’idée de me faire endurer un tel régime qui m’offrait un répit lors du repas hebdomadaire chez elle. J’avais alors le droit à une boîte de conserve “Fleuri-Michon” de saucisses lentilles pour moi c’était comme si j’allais dans un restaurant gastronomique. 

Décidé à ne pas revivre l’année catastrophique que je venais de passer, une idée farfelue m’est passée par le cerveau, “et si je fumais pour faire comme les grands” Papa fumait alors le cigarillo (ces petits cigares de la taille d’une cigarette) j’ai bien cru mourir la première fois, tout ça pour faire le malin… Sauf que tous les fumeurs de la terre vous le diront, le mal était fait!

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